Portrait de Florimond Debove

Florimond Debove

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Les images de Florimond Debove semblent venues d’un autre temps. Elles portent en elles un léger décalage, presque imperceptible, qui les rend profondément touchantes.

Quel est ton premier souvenir lié à la photographie ?

Mon premier souvenir lié à la photographie remonte à quand j’étais enfant, vers cinq ou six ans. Je passais beaucoup de temps chez mes grands-parents. J’étais enfant unique, donc j’étais souvent avec eux. Je me souviens surtout des albums photo. J’adorais les regarder avec ma grand-mère. On tournait les pages et elle me racontait les photos : qui étaient les gens, où ça avait été pris, ce qu’ils faisaient à ce moment-là. Il y avait des personnes de ma famille que je n’avais jamais connues, mais j’avais l’impression de connaître tout le monde et d’être proche d’eux. Il y avait aussi des moments où mes parents étaient jeunes. J’aimais beaucoup regarder tout ça et imaginer les histoires derrière les images.

Qu’est-ce qui t’a donné envie de photographier ?

Pour moi, la photographie c’est surtout une manière de garder les souvenirs. Je ne pense pas qu’il y ait eu un moment précis où je me suis dit “je vais faire de la photo”. C’est venu petit à petit. J’ai toujours aimé regarder les photos, me rappeler des moments, des gens, des endroits. Photographier, c’est un peu continuer ça.

Que cherches-tu lorsque tu déclenches ?

Quand je fais une photo, je pense surtout au moment qu’il y a devant moi. J’aime bien regarder les expressions des gens, les regards, les petits gestes. Parfois quand on regarde une photo plus tard, on se rappelle exactement de ce qui se passait à ce moment-là : avec qui on était, ce qu’on faisait, ce qu’on se disait. C’est ça que j’aime dans les photos.

Qu’est-ce qui compte le plus pour toi dans une image ?

Pour moi, le plus important c’est que le moment soit vrai. J’aime photographier des gens dans des endroits où ils sont naturellement : un stade de foot, un camping, un bar, la plage. Des endroits où les gens se retrouvent et passent du temps ensemble. Ce sont souvent des moments simples, mais c’est justement ça qui me plaît.

Quelle image t’a le plus marquée dans ton parcours ?

Je n’ai pas une seule image en tête. Mais celles qui m’ont le plus marquées, ce sont probablement les photos que j’ai vues dans les albums de mes grands-parents. Ce n’étaient pas forcément des photographes, mais leurs photos avaient quelque chose de très sincère. Les gens étaient parfois un peu raides devant l’appareil, mais c’était naturel et vrai. C’est quelque chose que j’aime beaucoup dans les images.

Le doute fait-il partie de ton processus ?

Pas vraiment. Il peut m’arriver de ne pas réussir à faire une photo si je ne le sens pas, mais ça reste assez rare. En général c’est plutôt naturel : je vois quelque chose, un moment, une scène, et j’ai envie de le photographier.

Qu’est-ce que la photographie t’apporte aujourd’hui ?

Pour moi, la photographie reste surtout une manière de garder les souvenirs. Ça me permet aussi de partager ces moments avec d’autres personnes, de montrer des choses simples de la vie. Avec le temps, la manière de faire change un peu, mais l’envie reste la même.

Si tu ne pouvais faire qu’une seule photo demain, laquelle serait-elle ?

Si je ne pouvais faire qu’une seule photo, ce serait une photo de mes grands-parents devant leur maison. Ils seraient devant leur jardin, bras dessus bras dessous. Ma grand-mère avec un sourire un peu gêné, et mon grand-père avec son sourire tranquille. Une photo très simple, mais qui voudrait dire beaucoup pour moi.

Un mot pour résumer ta photographie ?

Souvenir. Parce que pour moi, la photographie sert surtout à garder les moments, les gens et les endroits qui comptent.

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