Photographe installé à Rennes, Alexandre Rougeot explore avec son livre RETROPOLIS la frontière ténue entre le réel et l’imaginaire. Fruit d'un cheminement de dix ans, ce projet joue délibérément sur la perte des repères temporels et visuels. À travers ses images, le spectateur est souvent amené à confondre photographie et peinture. Des personnages anonymes traversent les rues de New York ou de Florence comme ils traverseraient les époques, créant des scènes intemporelles où la couleur et la lumière s'imposent comme les véritables sujets.

Pour Alexandre Rougeot, la photographie de rue est loin d'être une simple promenade ; c'est un combat contre le chaos ambiant. L'espace urbain est son terrain d'expression exclusif, le seul qui lui offre les lignes de fuite et l'architecture nécessaires pour structurer son regard. « Au lieu de simplement voir, je regarde », explique-t-il. Ses images, réelles, c'est-à-dire sans retouches ni mises en scène préalables, naissent d'une quête d'alignement parfait. Il traque cet instant fugace où le hasard ordonne le chaos naturel et où la scène se met en place d'elle-même.

Il considère qu'obtenir une image juste tient de l'exploit. L'ordre esthétique doit sauter aux yeux, l'évidence doit être immédiate pour que l'émotion opère. C’est cet instinct des matières et de l’équilibre des masses qui donne naissance à l’œuvre unique, strictement impossible à reproduire.

Auteur de plusieurs expositions marquantes, du couvent des Jacobins à Rennes jusqu'à la tour Bidouane de Saint-Malo, Alexandre Rougeot rassemble aujourd'hui son travail dans le livre RETROPOLIS. Conçu durant deux ans avec le graphiste malouin Maxence Biemel, cet ouvrage édité à 500 exemplaires s'accompagne d'un soin particulier apporté à la matière, soutenu par des tirages fine art argentiques et numériques réalisés en collaboration avec le laboratoire rennais Sel de Pixel.

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Alexandre Rougeot