« Il entendit une variation, un embellissement en huit notes, puis une ligne d’accompagnement de basse. L’air continua à trotter dans sa tête (…). La sensation était celle de la capter, comme une personne écoute une conversation, peut-être lointaine, dans une pièce bruyante. (…) Lorsqu’il marchait, par exemple, qu’il devait faire un petit saut pour syncoper la mélodie. Ou qu’il roulait en métro, avec le claquement des roues – et que, au milieu du tumulte général, il entendait la présence d’orchestres fantomatiques jouant avec emportement. »
Franck Conroy, Corps et âme, Gallimard, 2004.

Le jazz accompagne Hervé Escario depuis l’âge de douze ans, après la découverte presque fortuite d’un vinyle d’Archie Shepp posé sur une platine. Cette musique ne le quittera plus.

Le second choc artistique vient avec les photographies de Josef Koudelka, Roy DeCarava et Marc Riboud. Trois regards qui lui révèlent la force du noir et blanc et la capacité d’une image à transmettre une présence.

La photographie en noir et blanc de musiciens de jazz s’impose alors comme une évidence. Elle s’ouvre aussi aux circassiens et aux danseurs, dans un même désir de saisir le mouvement, la lumière et l’intensité d’un instant.

Premier prix du Jazz World Photo en 2023 et 2025, Hervé Escario collabore régulièrement avec des musiciens de jazz, parmi lesquels Émile Parisien, Henri Texier, Yoann Loustalot ou Sylvain Rifflet, pour leurs photos d’album, leurs portraits de presse et différents projets artistiques.

Son regard accompagne également de nombreux festivals, dont Tourcoing Jazz, Brussels Jazz Festival, Jazz in Marciac ou Jazz en Nord.

En janvier 2026, Hervé Escario a présenté son travail au Flagey, à Bruxelles, à l'occasion du Festival international de jazz de Bruxelles.

Les photographies réunies ici témoignent d’une même recherche : faire ressentir la musique autant que la montrer.

Positif, écrire avec la lumière
Publié le 2 juillet 2026