Philippe Glade
← Retour à la collectionUne photographie guidée par le regard, la patience
et le plaisir toujours renouvelé de créer.
Quel est ton premier souvenir lié à la photographie ?
Difficile de répondre à cette question, j’ai l’impression que la photo a toujours fait partie de ma vie, au mieux je me souviens, vers 10 ans, regarder sans fin les images de cette collection Life, sur la nature, l’univers, les animaux, les volcans, les fleurs.
Qu’est-ce qui t’a donné envie de photographier ?
L’ennui. Je suis arrivé à Berkeley, Californie, en 1992, pour améliorer mon anglais. Déprimé par l’éloignement d’avec ma famille et mes amis, et totalement désorienté par un environnement inconnu et luxuriant, j’ai commencé à documenter cette nouvelle expérience.
Les Américains, habitués et enthousiastes du médium photo, ont rapidement aimé ce que je capturais de leur quotidien.
En 1996, sur suggestion du patron du laboratoire New Lab de San Francisco, j’ai présenté une page de diapositives au directeur artistique du magazine Sunset qui, immédiatement, les a prises pour publication, le début de la fin.
Que cherches-tu lorsque tu déclenches ? Une émotion ? Une vérité ? Une tension ?
Une trace ? Développe ce qui se joue intérieurement.
Les 4 ensembles. Le plus difficile est que cela dure quelques secondes au mieux, qui seront répétées peu de temps après, ce qui entraîne, au bout d’une journée marathon de prises de vue (Jardin Majorelle, Jardin des plantes), un épuisement total, physique et mental, mais quelle satisfaction !
Qu’est-ce qui compte le plus pour toi dans une image ?
Encore une fois l’ensemble, quoique ces éléments interviennent à des dosages différents en fonction du lieu et de l’heure.
Quelle image t’a le plus marqué dans ton parcours ?
Fin 1996, en fin de journée au Strybing Arboretum de San Francisco, dernière frame de mon dernier Velvia, un buisson avec des petites fleurs en premier plan, milieu de plan, arrière-plan, shooté au 30ᵉ/S, ce qui allait définir un autre chapitre de ma carrière de photographe botanique.
Le doute fait-il partie de ton processus ?
La vie, c’est le doute. C’est un état constant qui motive d’aller vers l’avant tout en sachant que rien n’est acquis.
Qu’est-ce que la photographie t’apporte aujourd’hui ?
Toujours la même satisfaction qu’au premier jour du premier film récupéré au labo, un immense plaisir d’avoir créé.
Plaisir fugace qu’il faut renouveler rapidement, donc ressortir et garder les yeux grands ouverts, avant de découvrir ce qui va motiver l’action photographique, impatient de revenir devant mon écran pour découvrir une nouvelle image.
Si tu ne pouvais faire qu’une seule photo demain, laquelle serait-elle ?
Demain, il n’y aura pas de photos, je me lèverai à 5 h 00 pour 12 h d’un travail bien au-dessous de mes diplômes et de ce que j’ai pu vivre jusqu’à maintenant.
En France, très, très peu de photographes vivent de leur art.
Un mot pour résumer ta photographie ?
Cadré
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