Dans l’objectif de Marc Riboud :
l’homme qui peignait la Tour Eiffel
Tout droit sorti d’un film de Charlie Chaplin ou mieux encore, doublure de Buster Keaton, le peintre se tient en équilibre sur un des montants métalliques de la Tour Eiffel à Paris, France.
Illustration littérale de l’expression « peindre la girafe », l’homme, pinceau à la main, se tient en équilibre dans une posture élégante, presque chorégraphiée, le ciel à portée de main et la ville à ses pieds. La pose a été immortalisée en noir et blanc par le photographe Marc Riboud en 1953.
Il a 30 ans, la main sur le Leica et le cœur au bord des lèvres, à plus de 300 mètres au-dessus de Paris lorsqu’il monte à la recherche de l’image sur le vieil escalier en colimaçon qui, aujourd’hui, n’existe plus. Le peintre Zazou est posé tout là-haut. Équilibriste en chef, il se penche avec naturel sur son pot de peinture pour recharger son pinceau. Le photographe, à deux doigts du vertige, ferme les yeux de peur au moment de la prise de vue.
Un autre photographe, Robert Capa, choisira la 24e photo ; celle-là même sera vendue au magazine Life qui titrera : « Bienheureux sur la Tour Eiffel ». Zazou, délesté du poids de la peur, oiseau gracile posé sur une des branches métalliques du symbole de la capitale, nous indique le chemin à suivre : poétiquement, croire en ses rêves, ne pas écouter les avis trop prudents et toujours se pencher pour espérer, peut-être, atteindre l’inaccessible.
Catherine Raspail
Cette photographie emblématique de Marc Riboud a notamment été présentée au Musée des Confluences à Lyon en 2023, dans le cadre de l’exposition « Marc Riboud - 100 photographies pour 100 ans ». Elle est également à découvrir dans le numéro 5 de Positif, écrire avec la lumière, au sein du dossier « Lumière sur Marc Riboud » signé Catherine Raspail.
Publié le 24 août 2026